Affiliation au régime général
Les obligations de l'État employeur envers la sécurité sociale française.
Voir la pageDroit applicable
Depuis le 1er avril 2020, les salariés des ambassades et consulats étrangers en France soumis au régime français de sécurité sociale sont obligatoirement affiliés à l'assurance chômage. La mission verse les contributions à l'URSSAF, et le salarié qui perd son emploi est indemnisé comme tout demandeur d'emploi.
Les salariés d'une ambassade ou d'un consulat étranger en France sont obligatoirement affiliés au régime d'assurance chômage depuis le 1er avril 2020, dès lors qu'ils relèvent du régime français de sécurité sociale. France Travail l'écrit sans ambiguïté : « les salariés des ambassades, des consulats ainsi que les délégations et les représentations permanentes auprès des organisations internationales situées en France soumis au régime français de sécurité sociale seront affiliés obligatoirement au régime d'assurance chômage ». L'employeur verse les contributions à l'URSSAF compétente, et le salarié suit ensuite les mêmes règles que les autres demandeurs d'emploi (page France Travail).
Le changement résulte du décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019 relatif au régime d'assurance chômage, dont le règlement général comportait un article 2 bis appliquant le droit commun aux salariés des ambassades et consulats situés en France, qui relevaient jusque-là de l'annexe IX. La date d'effet du 1er avril 2020 a été maintenue par la circulaire Unédic n° 2020-06 du 29 avril 2020. Depuis, la réglementation a changé de support : la convention du 15 novembre 2024 et son règlement général régissent le régime en 2026. Nous n'avons pas identifié l'article de ce nouveau règlement qui reprend l'ancien article 2 bis ; France Travail continue de présenter l'affiliation comme obligatoire, et c'est sur cette base que nous travaillons.
Jusqu'au 31 mars 2020, ces salariés relevaient de l'ancienne annexe IX, qui organisait une adhésion facultative. Beaucoup de contenus en ligne décrivent encore ce régime : ils sont périmés pour les missions établies en France. Un chauffeur dont le contrat a pris fin après le 1er avril 2020 s'inscrit avec l'attestation employeur du régime général, comme n'importe quel salarié. Pour la mission, la conséquence est simple : plus aucune décision d'adhésion à prendre, mais une contribution à déclarer chaque mois pour chaque salarié affilié au régime français.
Le détail
Les salariés des ambassades, des consulats et des délégations ou représentations permanentes auprès des organisations internationales situées en France, à une condition : relever du régime français de sécurité sociale. Concrètement, le personnel local français ou résident permanent, les salariés que leur convention bilatérale soumet à la loi française et le personnel local des ambassades des États de l'Union. La nationalité ne compte pas en elle-même : c'est l'affiliation au régime général qui entraîne l'affiliation au chômage.
La mission verse sur les rémunérations de ces salariés la contribution patronale d'assurance chômage, au taux de droit commun de 4,00 %. Aucune source consultée ne prévoit de taux particulier pour les missions diplomatiques. Le calcul, la déclaration et le paiement passent par la DSN, comme pour les cotisations de sécurité sociale, et le versement se fait à l'URSSAF compétente. Une mission qui n'a jamais paramétré cette ligne depuis 2020 a une régularisation à préparer.
La loi du 5 septembre 2018 a supprimé la contribution salariale d'assurance chômage. Certains salariés d'ambassades d'États hors Union, traités comme des « expatriés », ont pourtant continué à la supporter. Interrogé par deux députés (AN, QE n° 20225 et n° 21656), le ministère du travail a répondu au JO du 12 novembre 2019 : l'ordonnance n° 2019-861 du 21 août 2019 a limité ce maintien aux expatriés en adhésion individuelle, puis l'affiliation obligatoire a pris le relais au 1er avril 2020.
Pour toute fin de contrat postérieure au 1er avril 2020, France Travail demande l'attestation employeur prévue pour le régime général. Elle est produite à partir de la DSN de fin de contrat. Une lettre sur papier à en-tête de l'ambassade, même signée par le chef de chancellerie, ne la remplace pas. Nous l'établissons avec le solde de tout compte et le certificat de travail : voir fins de contrat.
Un agent exempté par les conventions de Vienne, ou un salarié qui a exercé une option pour le régime de l'État d'envoi en vertu d'une convention bilatérale, ne relève pas du régime français de sécurité sociale. Les pages de France Travail ne traitent pas son cas, ni pour l'exclure expressément, ni pour lui ouvrir une adhésion. Nous le disons tel quel au salarié et à la mission, et nous conseillons de demander la position de l'organisme par écrit avant tout départ.
Les organisations internationales situées en France ne sont pas visées par l'obligation. L'annexe 9 du règlement général annexé à la convention du 15 novembre 2024 leur laisse une affiliation facultative pour leurs salariés affiliés au régime français de sécurité sociale par accords spécifiques (art. 1.1.1). Il faut donc distinguer la délégation d'un État auprès d'une organisation installée à Paris, dont les salariés soumis au régime français sont obligatoirement affiliés, de l'organisation elle-même.
Fiche documentaire à jour au 10 septembre 2026. Elle décrit l'état des textes et de la jurisprudence tels que nous les lisons ; elle ne remplace pas une consultation sur votre situation. Les valeurs chiffrées renvoient à la page barèmes et valeurs.
Depuis 2020, la paie d'un salarié local soumis au régime français comporte une ligne d'assurance chômage, au même titre que les cotisations de sécurité sociale. La mission n'a aucune démarche d'adhésion à accomplir : l'affiliation découle de la réglementation, et la contribution se déclare dans la DSN mensuelle. Deux points méritent pourtant une vérification. D'abord, le paramétrage : un logiciel configuré avant 2020 selon l'ancienne annexe IX peut n'avoir jamais calculé la contribution. Ensuite, la population concernée : la ligne ne doit figurer que sur les bulletins des salariés affiliés au régime français, pas sur ceux d'agents exemptés ou ayant opté.
Une secrétaire bilingue recrutée en 2009 est licenciée en 2026. La mission n'a jamais cotisé à l'assurance chômage et n'a jamais déposé de DSN ; elle remet à la salariée une attestation rédigée sur papier à en-tête. L'inscription se heurte à l'absence de l'attestation employeur du régime général, que France Travail demande pour toute fin de contrat postérieure au 1er avril 2020. La salariée n'y est pour rien, et elle se retournera vers son employeur. Le chemin normal passe par la remise en ordre des déclarations de la mission, puis par l'émission de l'attestation. La prise en compte des périodes pendant lesquelles aucune contribution n'a été versée se discute ensuite avec l'organisme, pièces à l'appui : les sources que nous avons lues ne la décrivent pas. Voir régularisation des cotisations.
Avant le 1er avril 2020, le salarié dont la mission n'avait pas adhéré au titre de l'annexe IX n'était pas couvert par l'assurance chômage. Les sources consultées ne disent pas comment ces périodes se combinent avec les périodes cotisées après 2020 pour un salarié licencié aujourd'hui ; la question se pose au cas par cas avec France Travail, et nous préparons pour le salarié la chronologie de ses emplois.
Les recherches sur l'assurance chômage et les ambassades mêlent deux situations. La même annexe 9 prévoit l'adhésion individuelle du personnel des ambassades, consulats ou organismes internationaux situés à l'étranger, et des salariés d'États étrangers ou d'organismes publics étrangers, hors fonctionnaires (art. 2.1). Cette page ne traite que des ambassades et consulats étrangers établis en France, dont le personnel soumis au régime français relève du droit commun. Pour situer un salarié dans l'un ou l'autre cas, voir le personnel recruté localement et le guide assurance chômage des salariés d'ambassade depuis 2020.
Questions fréquentes
Oui, s'il relevait du régime français de sécurité sociale et que son contrat a pris fin après le 1er avril 2020. Il suit alors les mêmes règles que tout demandeur d'emploi : conditions d'affiliation, calcul de l'allocation, délais d'attente. Il doit présenter l'attestation employeur prévue pour le régime général, que la mission produit à partir de la DSN. Un salarié exempté au titre des conventions de Vienne, ou qui a opté pour le régime de l'État d'envoi, est dans une situation que France Travail ne décrit pas : il doit faire examiner son cas avant la fin de son contrat.
Non. L'obligation vise expressément les salariés des ambassades et des consulats soumis au régime français, et les conventions de Vienne imposent à l'employeur de salariés non exemptés de respecter les obligations de l'employeur français (1961, art. 33 §3 ; 1963, art. 48 §3). L'immunité de juridiction ne couvre pas l'emploi d'un salarié sans prérogative de puissance publique : un comptable, une secrétaire ou un chauffeur peuvent saisir le juge français. Refuser de cotiser, c'est reporter la difficulté sur le salarié au moment où il perd son emploi.
Il faut d'abord établir la liste des salariés affiliés au régime français depuis le 1er avril 2020 et reconstituer les rémunérations versées. Nous chiffrons ensuite la contribution patronale due, au taux de droit commun, et nous préparons la régularisation avec l'URSSAF compétente, par DSN rectificatives ou selon la procédure que l'organisme indique. Mieux vaut engager la démarche avant un départ : la régularisation faite à froid, sur un dossier complet, se passe mieux que celle imposée par une attestation refusée. Voir licenciement et rupture.
Pas au titre de la règle propre aux ambassades et consulats. Un institut constitué en association ou en société de droit français est un employeur de droit commun : ses salariés relèvent de l'assurance chômage comme ceux de toute association ou entreprise, sans qu'il soit besoin d'invoquer le texte de 2019. Si l'institut est un service de l'État étranger sans structure française, sa situation se rapproche de celle de la mission et s'examine au cas par cas, statuts et organigramme en main. Voir instituts et centres culturels.
Pour aller plus loin
Les obligations de l'État employeur envers la sécurité sociale française.
Voir la pageSolde de tout compte, certificat de travail, attestation France Travail, portabilité.
Voir la pageSalariés non déclarés, périodes manquantes, arriérés : une remise en ordre chiffrée.
Voir la pagePremier contact
Nous contrôlons le paramétrage de la contribution, la population concernée et les attestations de fin de contrat. Réponse sous 24 h ouvrées à toute demande de contact.