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Employeur

Diplomate ou consul étranger en France qui emploie un salarié à domicile : vos obligations

Quand un diplomate emploie une nourrice, une cuisinière ou un chauffeur sur ses fonds propres, c'est lui l'employeur, pas l'ambassade. Le Protocole vérifie ses engagements, et son départ de poste se prépare dès l'embauche.

1997 : depuis cette date, le Protocole exige un engagement écrit de l'agent diplomatique qui emploie un domestique Un an : durée du titre de séjour du personnel privé, renouvelable sous conditions

Qui est l'employeur du personnel de maison d'un diplomate ?

Le diplomate ou le fonctionnaire consulaire étranger qui emploie un salarié à son domicile, sur ses fonds propres, est lui-même l'employeur. La convention de Vienne de 1961 définit le domestique privé comme une personne « employée au service domestique d'un membre de la mission », qui n'est pas un employé de l'État accréditant. Le contrat, le bulletin, les déclarations et la fin du contrat reposent donc sur le diplomate, pas sur la mission.

Cette page est écrite pour l'employeur. Les règles de fond sur le statut des domestiques privés sont exposées sur notre page domestiques privés des diplomates, et notre prestation de paie est décrite sur la page paie du personnel de maison. Ici, nous parlons de ce que vous préparez, de ce que vous signez et de ce qui vous attend en fin de poste.

Exempté ou affilié en France ?

L'article 33 §2 de la convention de 1961 exempte de la sécurité sociale française le domestique privé au service exclusif d'un agent diplomatique, à trois conditions cumulatives : ne pas être français, ne pas être résident permanent en France, et être soumis à la sécurité sociale de l'État accréditant ou d'un État tiers. Si une seule condition manque, l'article 33 §3 impose au diplomate de respecter les obligations que le droit français fait peser sur l'employeur. L'article 48 de la convention de 1963 prévoit le même schéma pour les membres d'un poste consulaire.

Dans les deux cas, la réponse ministérielle publiée le 11 mars 2025 (Assemblée nationale, question n° 2255) exige un contrat conforme au droit français de l'emploi à domicile. La convention collective des particuliers employeurs et de l'emploi à domicile, en vigueur depuis le 1er janvier 2022, est la référence que nous appliquons ; aucun texte lu ne dit toutefois expressément qu'elle s'impose à un diplomate.

Le détail

Ce que l'employeur prépare avant l'arrivée du salarié

Un contrat conforme au droit français

Le ministère de l'Europe et des affaires étrangères demande un contrat qui respecte le droit français de l'emploi à domicile en nombre d'heures, en salaire et en jours de repos. Un modèle de contrat figure parmi les formulaires publiés à l'intention des diplomates étrangers. Nous l'adaptons à la réalité du poste : horaires, tâches, lieu de travail, logement éventuel, et nous vérifions qu'il se lit dans une langue que le salarié comprend.

Une assurance santé payée par l'employeur

La réponse ministérielle de 2025 cite le « paiement d'une assurance santé par l'employeur au bénéfice du personnel privé ». Pour un salarié affilié en France, cela s'ajoute aux cotisations. Pour un salarié exempté, la couverture de l'État d'origine doit être réelle et prouvée. Dans les deux cas, nous vous demandons l'attestation d'assurance et nous la gardons au dossier.

Une langue commune

Le Protocole vérifie qu'employeur et salarié partagent une langue. La règle paraît simple ; elle a des conséquences pratiques. Le contrat, les consignes de travail et les bulletins doivent pouvoir être compris par le salarié. Nous remettons des bulletins accompagnés d'une note explicative, en anglais si besoin.

Un logement digne, s'il est fourni

Lors de l'entretien au Protocole, le logement fait partie des points contrôlés. S'il est fourni par l'employeur, il constitue un avantage en nature pour un salarié affilié en France, à déclarer et à inscrire sur le bulletin. Sa description, sa surface et les conditions de son usage figurent utilement au contrat.

Déroulement

Ce que vous signez, puis ce qui se passe à votre départ

01

L'engagement écrit

Depuis 1997, le diplomate qui emploie un domestique souscrit un engagement écrit de respecter la législation française en matière de temps de travail, de salaire, de congés et de protection sociale. Le formulaire d'attestation d'engagement d'un personnel privé est publié par le ministère.

02

Les entretiens du salarié

Un agent du consulat s'entretient avec le futur salarié sur ses conditions de travail. Puis le Protocole le reçoit, avant la remise du titre de séjour : il vérifie notamment que le salarié garde son passeport et que les heures effectuées sont conformes au contrat.

03

Le renouvellement annuel

Le titre de séjour du personnel privé est limité à un an et se renouvelle sous conditions. Bulletins, relevés d'heures et preuves d'assurance vous permettent de montrer que l'emploi s'est déroulé comme annoncé.

04

La fin de poste

Votre départ met fin à l'emploi. La rupture suit le droit français : préavis, congés restants, solde de tout compte, certificat de travail et, pour un salarié affilié en France, attestation employeur.

Le cas difficile : le départ de poste de l'employeur

Un diplomate apprend en mars qu'il quittera Paris fin juillet. Sa cuisinière travaille pour lui depuis quatre ans. Les derniers jours sont chargés : réceptions d'adieu, déménagement, passation. Si rien n'a été préparé, la rupture du contrat se fait dans l'urgence, et la salariée repart sans documents complets.

Ce qui se prépare dès l'annonce

Le départ de l'employeur met fin à l'emploi en pratique, mais pas sans formes. Il faut notifier la rupture par écrit, respecter le préavis, faire le point sur les congés acquis et non pris, calculer les indemnités dues selon l'ancienneté, établir le solde de tout compte et le certificat de travail. Pour une salariée affiliée au régime français, l'attestation employeur destinée à France Travail doit être remise le dernier jour. Notre page fins de contrat décrit chacun de ces documents. Les déclarations sociales se clôturent selon le mode retenu à l'ouverture ; nous ne vous conseillerons pas un outil comme le CESU sans avoir vérifié qu'il vous est ouvert, car aucune source officielle lue ne le confirme pour un employeur diplomate.

La situation du salarié après votre départ

Le titre de séjour du personnel privé est délivré par le Protocole pour un an, au vu de cet emploi. Ce que devient le salarié après votre départ relève du Protocole et, le cas échéant, de la préfecture : nous ne le tranchons pas à leur place. Notre page titre de séjour spécial rappelle que ce document ne vaut pas, à lui seul, autorisation de travail. Si votre successeur souhaite reprendre la salariée, il devient un nouvel employeur, avec son propre contrat et ses propres démarches.

Un salarié qui part avec des bulletins exacts, un certificat de travail et une attestation complète est mieux armé pour la suite, et vous quittez la France sans litige en suspens. C'est la raison pour laquelle nous préparons la fin de contrat plusieurs semaines avant la date, en même temps que votre calendrier de départ. Notre guide employer un salarié de maison quand on est diplomate reprend l'ensemble du parcours, de l'embauche au départ.

Questions fréquentes

Questions fréquentes des diplomates employeurs

Est-ce l'ambassade ou moi qui suis l'employeur de ma cuisinière ?

Si vous la payez sur vos fonds propres, pour votre vie familiale, c'est vous. La convention de Vienne distingue le personnel de service de la mission, employé et payé par l'État, et le domestique privé, employé au service d'un membre de la mission et qui n'est pas un employé de l'État. Si la cuisinière est payée sur le budget de l'ambassade pour le service de la résidence officielle, elle est une salariée de la mission. Le contrat doit l'indiquer sans ambiguïté, sinon votre départ laisse un vide.

Mon employée, ressortissante de mon pays, peut-elle rester couverte chez nous ?

Oui, si trois conditions sont réunies : elle n'est pas française, elle n'est pas résidente permanente en France, et elle est effectivement soumise à la sécurité sociale de votre État ou d'un État tiers (article 33 §2 de la convention de 1961). Il faut pouvoir le prouver, par une attestation de l'organisme. Si elle vivait déjà en France avant l'embauche, ou si sa couverture d'origine a cessé, l'exemption tombe et vous devez l'affilier au régime français.

Puis-je déclarer mon salarié par le CESU ?

Nous ne l'affirmons pas. Aucune source officielle que nous ayons lue ne traite de l'usage du CESU ou de Pajemploi par un employeur diplomate, et plusieurs questions se posent, notamment pour un employeur lui-même exempté du régime français. Nous vérifions à l'ouverture du dossier le mode de déclaration ouvert dans votre situation, et nous établissons dans tous les cas des bulletins conformes. La réponse de l'organisme est conservée par écrit.

Que dois-je conserver pendant l'emploi ?

Le contrat signé et sa traduction, une copie de l'engagement souscrit auprès du Protocole, les bulletins de paie, les relevés d'heures, les attestations d'assurance santé, les justificatifs de couverture sociale si le salarié est exempté, et les échanges avec les organismes. Ces pièces servent au renouvellement annuel du titre de séjour du salarié, à la fin du contrat et, le cas échéant, en cas de contestation. Nous tenons ce dossier pour vous et vous le remettons à votre départ.

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