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Droit applicable

Le titre de séjour spécial du Protocole et ses effets sur l'emploi

Le titre de séjour spécial est délivré par le Protocole du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères aux personnes rattachées aux missions étrangères en France. Il atteste un statut ; il ne vaut pas autorisation de travail.

57 accords bilatéraux sur l'emploi des personnes à charge des agents (réponse publiée au Sénat le 11 septembre 2025) Un an : durée du titre de séjour d'un domestique privé, renouvelable sous conditions

Ce qu'est le titre de séjour spécial

Le titre de séjour spécial est le document de séjour que le Protocole du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères délivre aux personnes dont la présence en France est liée à une ambassade ou à un poste consulaire étranger établi en France. Le ministère le présente parmi les « statuts » attachés aux privilèges et immunités diplomatiques et consulaires. Sa page officielle renvoie à deux documents de référence : la brochure « Les privilèges et immunités diplomatiques et consulaires », dans sa version de septembre 2025, et une note verbale relative à l'instruction des demandes de visas et de titres de séjour spécial.

À qui il est délivré

Il concerne les membres des missions diplomatiques et des postes consulaires envoyés par leur État, les membres de leur famille, et le personnel privé employé à leur service. Deux catégories sont documentées de façon précise par des réponses ministérielles récentes : les domestiques privés des diplomates, dont le titre est limité à un an, et les conjoints, dont l'accès à l'emploi dépend d'accords bilatéraux. La liste exacte des catégories et les modalités propres à chacune figurent dans la brochure du Protocole, à laquelle nous nous référons pour chaque dossier plutôt que de la résumer ici. Page du ministère sur le titre de séjour spécial.

Pourquoi un gestionnaire de paie s'y intéresse

Dans un dossier de personnel, le titre de séjour spécial renseigne sur la situation de la personne, mais il ne suffit pas à fixer son régime. L'exemption de sécurité sociale prévue par les conventions de Vienne dépend de la catégorie de personnel et de conditions de nationalité et de résidence permanente, pas de la seule détention d'un titre. Inversement, une personne titulaire de ce titre peut, dans certaines situations, devoir être déclarée en France. Le titre est donc une pièce du dossier, à lire avec le contrat, la note de la mission sur la catégorie de personnel de l'intéressé et, le cas échéant, l'accord bilatéral applicable. Nous le suivons dans le cadre de l'administration du personnel.

Le détail

Ce que le titre permet et ne permet pas

Un statut, pas un permis de travail

Le titre de séjour spécial ne figure pas parmi les titres qui accordent automatiquement le droit de travailler : c'est ce que relève le rapport du Sénat consacré aux accords sur l'emploi des personnes à charge. Le conjoint d'un diplomate ne peut donc pas prendre un emploi salarié en France du seul fait qu'il détient ce titre. Sans accord bilatéral, il se heurte à la fois aux règles sur le travail des étrangers et aux questions d'immunité. Un employeur, ambassade ou entreprise, qui l'embaucherait sans base juridique prendrait un risque.

Les conjoints et les 57 accords

La France a signé 57 accords bilatéraux permettant aux personnes à charge des agents d'exercer une activité rémunérée : 33 accords intergouvernementaux et 24 arrangements non contraignants, selon la réponse du ministère publiée au Sénat le 11 septembre 2025. Neuf négociations étaient alors en cours, notamment avec l'Angola, le Kazakhstan et la Zambie. En y ajoutant l'Union européenne et l'Espace économique européen, les conjoints peuvent travailler dans une centaine de pays. Réponse ministérielle au Sénat.

Ce que l'accord change pour la personne qui travaille

Lorsque le conjoint travaille en vertu d'un accord, il perd, pour cette activité, une partie de sa protection : « Les immunités de juridiction civile ou administrative ainsi que l'immunité d'exécution ne s'appliquent pas dans le cadre de l'exercice de l'activité rémunérée ». Il relève aussi de la législation française en matière d'impôt et de sécurité sociale pour tout ce qui concerne cette activité. La demande d'autorisation est transmise par l'ambassade au ministère des Affaires étrangères. Pour la paie, c'est un salarié de droit commun.

Le titre du domestique privé

Pour le personnel privé d'un diplomate, la réponse ministérielle du 11 mars 2025 (Assemblée nationale, question n° 2255) décrit un titre de séjour « limité à une durée d'un an », renouvelable sous conditions. Il n'est remis qu'après un entretien en face à face au Protocole, où l'on vérifie notamment le « passeport toujours en sa possession », un nombre d'heures conforme au contrat et un logement digne. Depuis la fin des années 1990, le titre est remis en mains propres à l'intéressé, ce qui permet ce contrôle.

Fiche documentaire à jour au 10 septembre 2026. Elle décrit l'état des textes et de la jurisprudence tels que nous les lisons ; elle ne remplace pas une consultation sur votre situation. Les valeurs chiffrées renvoient à la page barèmes et valeurs.

Les effets pratiques en paie

En paie, le titre de séjour spécial intervient à trois moments : quand on identifie le salarié, quand on détermine s'il doit être immatriculé à la sécurité sociale française, et quand ses fonctions ou celles de son employeur prennent fin. À chaque étape, la règle reste la même : le titre éclaire la situation, il ne la tranche pas.

Identifier le salarié et sa catégorie

Le dossier d'un salarié titulaire d'un titre de séjour spécial comprend une copie du titre et du passeport, le contrat, et une note de la mission précisant la catégorie de l'intéressé : personnel administratif et technique envoyé, personnel de service, domestique privé, conjoint travaillant sous accord. Cette note compte, car l'exemption des conventions de Vienne (article 37 de la convention de 1961, article 71 de celle de 1963 pour les postes consulaires) ne joue pas pour les personnes ressortissantes ou résidentes permanentes en France. Une agente consulaire franco-marocaine recrutée sur place, par exemple, relève du régime français quels que soient les documents de séjour de ses collègues.

Le numéro de sécurité sociale

Une personne arrivée en France avec un titre de séjour spécial n'a généralement pas de numéro de sécurité sociale français. Si elle doit être déclarée, parce qu'elle travaille sous accord bilatéral ou parce que, domestique privé, elle ne remplit pas les conditions de l'exemption, son immatriculation doit être demandée dès l'embauche. Nous l'engageons au moment de l'entrée et nous suivons le retour du numéro ; tant qu'il manque, l'état civil déclaré doit correspondre exactement au passeport, faute de quoi les déclarations se rattachent mal au bon assuré.

La fin des fonctions

Le sort du titre à la fin des fonctions de l'agent, ou à la fin du contrat du domestique, se vérifie auprès du Protocole et dans sa brochure : nous ne le présumons pas. La paie, elle, obéit à ses propres règles. Le contrat d'un salarié relevant du droit français se rompt selon la procédure applicable, et il donne lieu à un solde, à un certificat de travail et, s'il était affilié au régime français, à l'attestation destinée à France Travail : c'est l'objet de notre prestation fins de contrat. Le départ de poste d'un diplomate employeur ne dispense pas de ces formalités envers son personnel privé.

Deux raccourcis à éviter

Le premier raccourci consiste à croire que le titre de séjour spécial permet de travailler : il ne le permet pas sans accord bilatéral et autorisation. Le second consiste à traiter tout titulaire comme exonéré de cotisations : l'exemption est personnelle et conditionnelle, et elle se vérifie pour chaque salarié.

Questions fréquentes

Questions sur le titre de séjour spécial

Le titre de séjour spécial permet-il au conjoint d'un diplomate de travailler en France ?

Pas à lui seul. Le titre de séjour spécial ne fait pas partie des titres qui donnent automatiquement le droit de travailler. Le conjoint peut exercer une activité rémunérée lorsque son pays et la France sont liés par un accord bilatéral, et après une demande transmise par l'ambassade au ministère des Affaires étrangères. La France avait signé 57 accords de ce type selon la réponse ministérielle publiée au Sénat le 11 septembre 2025. Pendant cette activité, le conjoint relève de l'impôt et de la sécurité sociale français.

Un salarié titulaire d'un titre de séjour spécial est-il forcément exonéré de cotisations ?

Non. L'exemption de sécurité sociale prévue par la convention de Vienne de 1961 dépend de la catégorie de la personne et de conditions précises : ne pas être ressortissant français ni résident permanent en France et, pour un domestique privé, être couvert par la sécurité sociale de l'État d'envoi ou d'un État tiers. Un conjoint qui travaille sous accord bilatéral est déclaré en France. Nous vérifions ces conditions salarié par salarié, comme expliqué dans notre page sur les conventions de Vienne et la sécurité sociale.

Combien de temps dure le titre de séjour d'un domestique privé ?

Selon la réponse du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères publiée le 11 mars 2025 à l'Assemblée nationale (question n° 2255), il est limité à une durée d'un an et son renouvellement est soumis à conditions. Sa remise suit un entretien en face à face au Protocole, qui vérifie notamment que la personne a toujours son passeport, que ses heures correspondent au contrat et que son logement est digne. Les conditions de fond posées au diplomate employeur sont détaillées dans notre fiche sur les domestiques privés.

Où trouver les règles détaillées ?

La source de référence est la brochure du Protocole « Les privilèges et immunités diplomatiques et consulaires », dans sa version de septembre 2025, accessible depuis la page du ministère consacrée au titre de séjour spécial. Le ministère publie aussi une note verbale sur l'instruction des demandes de visas et de titres de séjour spécial. Pour le personnel privé des diplomates, une page de formulaires propose une attestation d'engagement et un modèle de contrat de travail. Nous nous appuyons sur ces documents officiels plutôt que sur des résumés de seconde main.

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