Le personnel recruté localement
Qui relève du droit du travail et de la sécurité sociale français.
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Avant de calculer un salaire, il faut savoir sous quel régime le calculer. Cinq questions posées dans l'ordre suffisent à classer presque tout le personnel d'une mission.
Une ambassade étrangère en France paie sous droit français, en règle générale, tout salarié recruté sur place qui est français ou qui réside de façon permanente en France, ainsi que les autres recrutés locaux lorsqu'une convention bilatérale ou le droit européen les rattache au régime du lieu de travail. Les personnes envoyées par la capitale, ni françaises ni résidentes permanentes, sont en principe exemptées pour leurs services.
Le personnel recruté localement désigne les salariés engagés en France par la mission pour y travailler, par opposition aux agents affectés par l'État d'envoi. C'est la grande majorité du personnel d'une chancellerie ou d'un consulat : secrétaires, agents consulaires, chauffeurs, comptables, agents d'accueil, personnel de la résidence. Quand ils sont français ou résidents permanents, l'exemption des conventions de Vienne ne les couvre pas, et l'article 33, paragraphe 3, de la convention de 1961 (article 48, paragraphe 3, de celle de 1963 pour les consulats) impose à l'employeur de respecter les obligations de la sécurité sociale française.
La loi du contrat et le régime de sécurité sociale se déterminent séparément. Le contrat d'un salarié qui travaille habituellement en France relève, à défaut de choix, de la loi française (règlement Rome I, article 8) ; un choix de loi étrangère ne le prive pas des dispositions impératives françaises, comme le SMIC, fixé à 12,31 € de l'heure depuis le 1er juin 2026, ou les congés payés. Le régime de sécurité sociale dépend, lui, des conventions de Vienne, des conventions bilatérales et, pour les États de l'Union, du règlement 883/2004. Un salarié peut donc relever du droit du travail français tout en cotisant dans l'État d'envoi après une option régulière. C'est rare, mais la paie doit alors le refléter exactement.
Le détail
Pour un binational, la carte d'identité française règle la question de la nationalité. Le titre de séjour spécial délivré par le Protocole et le titre de séjour de droit commun ne racontent pas la même histoire : le second, surtout s'il a été obtenu avant l'embauche, oriente vers la résidence permanente. Nous conservons une copie datée de chaque pièce dans la fiche du salarié.
Date d'arrivée en France, adresse, scolarité des enfants, emploi antérieur chez un autre employeur, avis d'imposition français : ces éléments de fait forment un faisceau. Aucun ne suffit seul, mais leur réunion permet de défendre une position devant un organisme. Nous les recueillons auprès du salarié, avec son accord, par un questionnaire bilingue, et nous datons ses réponses.
Nous lisons l'article consacré au personnel des missions dans le texte publié par le CLEISS, pas dans un résumé. La convention franco-algérienne du 1er octobre 1980 (article 6, paragraphe 3) réserve l'option aux salariés qui ne sont pas français, alors que l'accord avec le Canada rattache les recrutés locaux à l'État d'emploi. Chaque pays a sa page, par exemple celle du personnel local de la mission du Maroc.
Une option se prouve par un écrit daté et signé du salarié, complété le cas échéant par la réponse de l'organisme de l'État d'envoi. Une mention orale lors de l'entretien d'embauche, ou une note interne rédigée des années plus tard, ne protège ni la mission ni le salarié. Quand la preuve manque, nous le disons et nous proposons une remise en ordre, sans rien antidater.
Déroulement
Nous partons de la liste complète des personnes rémunérées par la mission, y compris celles que la capitale paie directement, avec leur fonction, leur date d'entrée et leur mode de paiement actuel. C'est souvent la première fois qu'elle est dressée en entier.
Chaque salarié remplit un questionnaire bilingue et fournit ses pièces. Nous appliquons l'arbre de décision et notons, pour chacun, le régime retenu, son fondement et les points qui restent à confirmer.
La synthèse est remise à l'administrateur en français et en anglais. Les cas douteux sont signalés avec la question à poser par écrit à l'organisme concerné. La mission valide les statuts avant tout paramétrage.
Chaque salarié est rattaché au profil de cotisations de son régime. Une naturalisation, une installation durable ou la fin d'une option déclenche une révision de sa fiche et, s'il y a lieu, une régularisation.
Pour chaque personne payée par la mission, posez les questions suivantes dans l'ordre. La première réponse qui conduit au régime français suffit ; les suivantes ne servent que pour les cas restants.
Reste le ressortissant de l'État d'envoi recruté sur place, ni français ni résident permanent, qu'aucune convention ne vise : l'exemption de l'article 37 peut alors jouer. Même exempté, il peut participer volontairement au régime français dans la mesure où celui-ci l'admet (article 33, paragraphe 4).
Pour les salariés au régime français, la paie suit le droit commun : cotisations du régime général, assurance chômage obligatoire, retraite complémentaire si la mission a adhéré, impôt sur le revenu selon le mode de prélèvement confirmé avec le service des impôts compétent. Pour les personnes exemptées, la rémunération relève en général de la capitale ; si la mission souhaite la voir dans ses états, nous la présentons à part, pour que la masse salariale reste complète.
Questions fréquentes
Non. La nationalité de l'État d'envoi ne suffit pas : l'exemption des conventions de Vienne tombe si la personne réside de façon permanente en France, et certaines conventions bilatérales rattachent de toute façon les recrutés locaux au régime du lieu de travail. Un agent d'accueil qui a la nationalité de la mission mais vit en France depuis ses études relève en principe du régime français, même s'il a le passeport de l'État d'envoi. Seule l'analyse de sa situation, pièces à l'appui, permet de conclure.
Au regard des conventions de Vienne, un binational qui a la nationalité française est traité comme un ressortissant de l'État accréditaire : l'exemption ne le couvre pas. La convention franco-algérienne réserve expressément l'option aux salariés qui ne sont pas ressortissants de l'autre État. Pour les autres conventions, la réponse dépend de la rédaction de l'article, et nous la vérifions texte en main avant de retenir une option pour un binational.
En principe non. Un agent diplomatique, un fonctionnaire consulaire ou un membre du personnel administratif et technique envoyé, qui n'est ni français ni résident permanent, est exempté de la sécurité sociale française pour ses services à l'État d'envoi. Sa rémunération officielle n'est pas imposable en France, sous réserve de réciprocité. Une participation volontaire au régime français reste possible si celui-ci l'admet, et se traite à part.
Corriger vite, parce que chaque mois ajoute des cotisations dues et des droits manquants pour le salarié. Nous chiffrons les cotisations sur la période concernée, préparons la régularisation auprès de l'URSSAF et vérifions les conséquences pour la retraite complémentaire, qui ne se rattrape pas avant la date d'adhésion de la mission. La démarche est détaillée sur la page régularisation des cotisations.
Pour aller plus loin
Qui relève du droit du travail et de la sécurité sociale français.
Voir la pageLes accords qui permettent de rester au régime de l'État d'envoi.
Voir la pageDiplomates, personnel administratif et technique, service, recrutés locaux, domestiques.
Voir la pagePremier contact
Envoyez-nous la liste de vos postes, sans nom si vous préférez, avec la nationalité et la date d'entrée de chacun. Nous vous indiquons les statuts à confirmer et les pièces à réunir.