Paie bilingue et reporting en anglais
Des bulletins français expliqués, des états lisibles par la capitale.
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Avant de créer ou de renouveler un poste, la capitale veut un chiffre. Voici la méthode que nous suivons pour passer du salaire brut au coût employeur, ligne par ligne, en séparant ce qui est certain de ce qui reste à confirmer.
Pour chiffrer un poste local dans une ambassade ou un consulat étranger en France, on part du salaire brut, qui ne peut être inférieur au SMIC, on applique les cotisations patronales de droit commun et les contributions liées aux choix de la mission (retraite complémentaire, santé, prévoyance), puis on ajoute ce que le poste coûte en dehors du salaire mensuel. Le résultat est un coût employeur annuel, à distinguer du net perçu par le salarié.
La demande arrive souvent sous forme d'un net : « un chauffeur à tant par mois ». Ce montant dit peu de chose. Il faut savoir s'il s'agit du net versé ou du brut, de 35 heures ou d'un temps plein avec des soirées, d'un salarié qui relèvera du régime français ou d'un agent envoyé qui en sera exempté, et si la mission a adhéré à l'AGIRC-ARRCO. C'est pourquoi nous ne publions ni pourcentage global ni total type : un chiffre privé de ses hypothèses induit en erreur.
Le SMIC mensuel brut est de 1 867,02 € depuis le 1er juin 2026, pour 35 heures par semaine. C'est le plancher légal d'un temps plein, pas une référence de marché. Le plafond mensuel de la sécurité sociale, 4 005 € en 2026, découpe la rémunération en tranches : certaines cotisations ne portent que sur la part située sous le plafond, d'autres sur la totalité, et la retraite complémentaire applique des taux différents à la tranche 1 et à la tranche 2. Les valeurs de l'année figurent sur la page des barèmes.
Le détail
Pour un salarié affilié au régime général, la mission verse les cotisations patronales de droit commun : assurance maladie, vieillesse plafonnée et déplafonnée, allocations familiales, accidents du travail. Le salarié supporte sa propre part, retenue sur son brut, ainsi que la CSG et la CRDS selon sa situation. Le taux accidents du travail applicable à une mission n'est établi par aucune source que nous ayons lue : il se confirme avec l'URSSAF compétente lors de l'immatriculation.
Les salariés d'ambassade et de consulat soumis au régime français sont obligatoirement affiliés à l'assurance chômage depuis le 1er avril 2020. La contribution patronale de droit commun est de 4,00 % du salaire brut, dans la limite fixée par la réglementation, et elle se verse à l'URSSAF. Un budget établi avant 2020 et reconduit sans relecture l'oublie parfois : c'est l'une des premières lignes que nous vérifions.
Les ambassades et consulats étrangers participent à l'AGIRC-ARRCO par adhésion, pour tout leur personnel affilié au régime général. Si la mission a adhéré, il faut compter le taux appelé de 7,87 % sur la tranche 1, réparti entre employeur et salarié, la contribution d'équilibre général de 2,15 % sur la même tranche, et les taux propres à la tranche 2 au-delà du plafond. Sans adhésion, la ligne disparaît du budget, et avec elle les droits du salarié.
L'obligation de complémentaire santé et de prévoyance n'est pas tranchée pour un État employeur ; nous conseillons une couverture réelle et la chiffrons comme un choix. Taxe sur les salaires, taxe d'apprentissage, formation professionnelle, participation construction, versement mobilité, AGS : aucune source lue ne dit si une mission les doit. Nous les présentons sur une ligne distincte, marquée « à confirmer », jusqu'à réponse écrite de l'organisme.
Déroulement
Fonctions, temps de travail, horaires réels, lieu d'exercice, et surtout profil probable du salarié : nationalité, résidence en France, éventuel droit d'option au titre d'une convention bilatérale. C'est cette qualification qui dit si la paie française s'applique, et dans quelle mesure.
À partir du net souhaité ou d'une grille, nous calculons le brut correspondant, vérifions qu'il respecte le SMIC au prorata du temps de travail et intégrons les éléments prévisibles : treizième mois promis, prime d'ancienneté, heures supplémentaires régulières, majorées de 25 % de la 36e à la 43e heure, 50 % au-delà à défaut d'accord.
Nous appliquons les taux et plafonds de l'année, ligne par ligne, en séparant la part patronale et la part salariale, et en isolant les lignes à confirmer. Chaque taux est daté et renvoie à sa source.
Le coût mensuel est projeté sur douze mois, puis sur la durée du budget, avec une hypothèse de revalorisation choisie par la mission. Nous ajoutons une provision pour la fin de contrat et, si besoin, la conversion dans la monnaie de la capitale.
Le coût employeur mensuel ne dit rien des dépenses qui arrivent une seule fois. Le licenciement d'un salarié en contrat à durée indéterminée ouvre droit, dès 8 mois d'ancienneté, à une indemnité légale calculée à raison de 1/4 de mois de salaire par année jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà, à laquelle s'ajoutent les congés non pris. Pour un chauffeur recruté il y a vingt ans, la somme compte, et elle est rarement provisionnée. Nous l'intégrons au chiffrage d'un renouvellement de poste, pour que la capitale décide en voyant l'ensemble.
Les congés payés, 2,5 jours ouvrables par mois, soit 30 jours ouvrables par an, semblent ne rien coûter puisqu'ils sont compris dans le salaire ; le remplacement du seul chauffeur pendant son absence, lui, coûte. Les heures des soirs de réception, au-delà de 35 heures par semaine, sont dues et majorées : les budgéter évite des rappels de salaire plus tard.
Deux hypothèses pèsent plus que toutes les autres. La première est le statut du futur salarié. S'il est ressortissant de l'État d'envoi et qu'une convention bilatérale lui ouvre un droit d'option, par exemple dans un délai de 3 mois pour la convention franco-tunisienne, les cotisations françaises de sécurité sociale peuvent laisser place au régime de l'État d'envoi, avec son propre coût ; s'il est français ou résident permanent en France, la paie française s'applique en entier. La seconde est l'adhésion AGIRC-ARRCO, qui vaut pour tout le personnel et ne se décide pas poste par poste. Quand l'une de ces hypothèses reste ouverte, nous chiffrons deux variantes côte à côte.
Nous livrons un tableau par poste, sans total inventé, où chaque ligne indique son statut.
| Ligne | Base | Taux ou référence | Statut |
|---|---|---|---|
| Salaire brut | Temps de travail prévu | Contrat, au moins le SMIC | Certain |
| Sécurité sociale | Brut, dont part sous 4 005 € | Barème de l'année | Certain, taux accidents du travail à confirmer |
| Assurance chômage | Brut | 4,00 % | Certain |
| AGIRC-ARRCO et CEG | Tranches 1 et 2 | 7,87 % et 2,15 % sur la tranche 1 | Selon l'adhésion |
| Santé et prévoyance | Selon contrat | Contrat choisi | Choix de la mission |
| Contributions assises sur les salaires | Brut | À déterminer | À confirmer par écrit |
| Provision de fin de contrat | Ancienneté | Code du travail | Estimation |
Pour présenter ce tableau à la capitale en anglais, voir la paie bilingue. Pour la base juridique des lignes, voir l'affiliation au régime général, l'assurance chômage, la retraite complémentaire et santé et prévoyance.
Questions fréquentes
Il n'existe pas de chiffre unique, et nous n'en publions pas. Le coût dépend du brut, du temps de travail, du statut du salarié au regard de la sécurité sociale française, de l'adhésion ou non de la mission à l'AGIRC-ARRCO, de la couverture santé et prévoyance choisie, et de contributions dont l'application à un État employeur reste à confirmer. Pour un poste donné, nous établissons un chiffrage à partir de ces hypothèses, et chacune figure sur le document remis.
En principe non, s'il bénéficie de l'exemption prévue par les conventions de Vienne : agent diplomatique, fonctionnaire consulaire, ou membre du personnel administratif, technique ou de service qui n'est ni français ni résident permanent en France. Mais l'exemption est personnelle : un poste occupé hier par un agent envoyé et demain par un recruté local résident en France change complètement de coût. Le budget suit la personne, pas l'intitulé du poste.
En 2026, le SMIC mensuel brut est passé de 1 823,03 € au 1er janvier à 1 867,02 € au 1er juin, par revalorisation automatique liée à l'inflation. Un budget construit sur le premier chiffre était faux cinq mois plus tard pour tout salaire proche du minimum. Nous conseillons de prévoir une hypothèse de revalorisation dans le budget pluriannuel et de relire les salaires proches du SMIC à chaque changement.
Oui. Le chiffrage repose sur les règles françaises, qui ne dépendent pas de l'immatriculation. Les lignes liées à la situation propre de la mission, comme le taux accidents du travail ou certaines contributions, restent marquées « à confirmer » jusqu'à l'ouverture du compte employeur. C'est d'ailleurs une bonne façon de préparer une première embauche : la capitale valide un budget, puis la mission ouvre ses affiliations en sachant ce qu'elles coûtent.
Pour aller plus loin
Des bulletins français expliqués, des états lisibles par la capitale.
Voir la pageLe premier salarié local : immatriculation, contrat, affiliations.
Voir la pageCe qui fait varier le prix pour une mission diplomatique.
Voir la pagePremier contact
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