Contrats de travail
Contrats du personnel recruté localement, rédigés en français et traduits en anglais.
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Le premier recrutement fixe les habitudes de la mission pour des années. Voici la démarche dans l'ordre, et les deux erreurs qui coûtent le plus cher.
Pour embaucher son premier salarié local sous droit français, une ambassade étrangère en France doit disposer d'un compte employeur, vérifier le statut du salarié, déposer la déclaration préalable à l'embauche avant sa prise de poste, signer un contrat écrit, l'affilier aux régimes obligatoires, puis produire un premier bulletin suivi de la DSN. Aucune de ces étapes n'est propre aux ambassades ; ce qui l'est, c'est le tri préalable des statuts et le choix sur la retraite complémentaire.
Prenons un cas fréquent : un consulat général qui fonctionnait avec des agents envoyés recrute sa première secrétaire sur place. Elle est française, ou vit en France depuis longtemps : l'exemption des conventions de Vienne ne la couvre pas, et le consulat devient pour elle un employeur ordinaire au regard de la sécurité sociale française (article 48, paragraphe 3, de la convention de Vienne de 1963). Le consul signe peut-être là son premier contrat de droit français. Il découvre en même temps la DPAE, la DSN, le SMIC (1 867,02 € par mois pour 35 heures par semaine) et une retraite complémentaire à laquelle la mission n'a pas encore adhéré.
Un compte employeur ouvert auprès de l'URSSAF compétente, des accès à net-entreprises, un contrat prêt à signer, une décision sur l'AGIRC-ARRCO et la réponse du service des impôts sur le prélèvement à la source. Sur ce dernier point, aucune source officielle ne dit si une mission est collecteur ou si ses salariés relèvent des acomptes : le mode de prélèvement se confirme auprès du service des impôts compétent, et nous le faisons à l'ouverture du dossier. Si la mission n'a encore rien de tout cela, la page ouverture d'une mission en France reprend les étapes préalables.
Le détail
La DPAE se dépose avant la prise de poste, comme pour tout employeur du régime général. Aucune page officielle ne traite à part le cas d'une ambassade : nous la déposons sous l'identifiant de la mission une fois le compte employeur ouvert. Elle déclenche l'affiliation du salarié et prouve la date d'embauche. Sans elle, le salarié est, au sens strict, non déclaré, même s'il a signé un contrat.
Nous le rédigeons en français, avec une traduction anglaise pour la mission et la capitale : fonctions précises, lieu de travail, durée du travail, rémunération, période d'essai (au plus 2 mois (employés), 3 mois (techniciens, agents de maîtrise), 4 mois (cadres) pour un CDI), congés. Si la mission choisit une loi étrangère, le contrat le dit, sans pouvoir priver le salarié des dispositions impératives françaises (règlement Rome I, article 8). Voir contrats de travail.
Le salarié est affilié au régime général et à l'assurance chômage, obligatoire depuis le 1er avril 2020 pour les salariés d'ambassade soumis au régime français. Si la mission a adhéré à l'AGIRC-ARRCO, il y est affilié dès son premier jour : l'adhésion vaut pour tout le personnel concerné, jamais au cas par cas. La couverture santé et la prévoyance choisies par la mission s'appliquent dans les conditions prévues à la souscription.
Le premier bulletin porte souvent sur un mois incomplet, avec une entrée en cours de mois. Nous l'accompagnons d'une note en anglais qui explique chaque ligne à l'administrateur. La DSN du mois suit à l'échéance, et ses retours sont contrôlés avant la paie suivante. Les lignes du bulletin sont commentées dans le guide lire un bulletin de paie d'ambassade.
Déroulement
Nationalité, résidence permanente, convention bilatérale applicable, option possible : nous appliquons l'arbre de décision avant l'offre d'emploi, pas après. Pour un ressortissant de l'État d'envoi, l'option ouverte par certaines conventions se prépare par écrit dans le délai du texte. Nous vérifions aussi que le salarié est autorisé à travailler en France.
Le projet part en français et en anglais à l'administrateur, qui le soumet si besoin à la capitale. Les points sensibles sont signalés à part : horaires d'un chauffeur, disponibilité les soirs de réception, confidentialité. Nous ajustons le texte aux remarques de la mission avant la signature par le chef de mission ou son délégataire.
DPAE avant la prise de poste, ouverture du dossier salarié, affiliations au régime général, à l'assurance chômage et, si la mission a adhéré, à la retraite complémentaire. Le salarié reçoit une notice bilingue qui lui explique où il est affilié, ce que signifient les lignes de son bulletin et à qui s'adresser en cas de question.
Variables du premier mois, bulletin, virement des salaires par la mission, DSN, contrôle des retours des organismes. Le premier mois fixe aussi les habitudes qui dureront : qui envoie quoi, à quelle date, par quel canal, et qui valide la paie quand l'administrateur est absent.
Payer un salarié local « en net », sans DPAE, sans bulletin ni cotisations, est l'erreur la plus répandue dans les petites missions, et la plus lourde de conséquences. Elle naît souvent d'une bonne intention : payer vite, en attendant d'y voir clair. Le salarié perçoit un salaire, mais il n'acquiert aucun droit à la retraite, n'est pas couvert en cas d'arrêt maladie et n'aura pas d'attestation valable pour France Travail. Le jour où il part, ou quand il découvre à 60 ans un trou dans sa carrière, la mission se retrouve face à des cotisations arriérées, à une régularisation dont les preuves sont difficiles à réunir et, pour la retraite complémentaire, à des droits qui ne se rattrapent pas avant la date d'adhésion.
L'immunité ne protège pas sur ce terrain. L'immunité de juridiction s'apprécie au regard des fonctions exercées : une secrétaire, un chauffeur ou un comptable peuvent saisir le juge français. L'immunité d'exécution rend difficile la saisie des comptes de la mission, mais elle n'empêche ni le procès ni la condamnation. Le guide salarié d'ambassade jamais déclaré décrit ce qui se passe ensuite.
La seconde erreur est plus subtile. Parce que l'employeur est étranger, certains le paramètrent comme un expatrié ou un salarié détaché : maintien dans le régime de l'État d'envoi sans option régulière, adhésion individuelle à un régime d'expatriés, absence d'assurance chômage française. Or le salarié recruté à Paris ou à Marseille pour y travailler n'est pas un expatrié : il travaille en France, et c'est le régime du lieu de travail qui s'applique, sauf exemption ou option régulière. Les réponses ministérielles publiées au Journal officiel le 12 novembre 2019 ont montré les effets d'un tel traitement : des salariés d'ambassades d'États tiers à l'Union continuaient de supporter une contribution salariale d'assurance chômage supprimée pour les autres salariés, parce qu'on les traitait en expatriés. Le décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019 a rendu leur affiliation obligatoire à compter du 1er avril 2020.
Questions fréquentes
Pour un salarié soumis au régime français, oui : la déclaration préalable à l'embauche déclare le salarié à l'URSSAF avant son premier jour de travail, et elle vaut pour tout employeur du régime général. Aucune page officielle ne traite à part le cas des ambassades, et rien dans les textes lus ne les en dispense. Nous la déposons sous l'identifiant de la mission. Pour une personne exemptée au titre des conventions de Vienne, la question ne se pose pas dans les mêmes termes, puisqu'elle n'est pas affiliée au régime français.
Le code du travail fait du CDI la forme normale du contrat ; le CDD n'est possible que pour les motifs qu'il prévoit, comme le remplacement d'un salarié absent ou un surcroît temporaire d'activité. Une mission qui recrute pour un besoin durable, un poste de secrétariat consulaire par exemple, doit en principe conclure un CDI. Enchaîner les CDD sur un poste permanent expose à une requalification. Nous vous aidons à choisir la forme qui correspond au besoin réel.
Oui. Pour un salarié qui travaille habituellement en France, nous traitons le SMIC comme un minimum qui s'impose, y compris lorsque le contrat désigne une loi étrangère : c'est la lecture la plus sûre de l'article 8 du règlement Rome I. Il est de 12,31 € de l'heure depuis le 1er juin 2026, soit 1 867,02 € par mois à temps plein. Une grille fixée par la capitale doit donc être comparée à ce minimum, surtout après une revalorisation en cours d'année comme celle de juin 2026.
Bien sûr. Il faut alors examiner s'il réside en France de façon permanente, s'il est autorisé à y travailler et si une convention bilatérale lui ouvre une option vers le régime de son pays. S'il est installé en France depuis longtemps, il relève en principe du régime français. S'il arrive pour le poste, sa situation dépend des conventions de Vienne et de l'accord bilatéral éventuel. La page paie du personnel local détaille l'arbre de décision.
Pour aller plus loin
Contrats du personnel recruté localement, rédigés en français et traduits en anglais.
Voir la pageLes étapes sociales d'une ambassade ou d'un consulat qui s'installe.
Voir la pageLes obligations de l'État employeur envers la sécurité sociale française.
Voir la pagePremier contact
Décrivez-nous le poste et le profil du candidat pressenti. Nous vous indiquons son statut probable, les pièces à réunir et ce qui doit être prêt avant son premier jour.