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Solution

Ouvrir ou rouvrir une ambassade ou un consulat étranger en France : les étapes sociales

Une mission qui s'installe a mille urgences, et la paie arrive souvent en dernier. Quelques décisions prises avant le premier recrutement évitent pourtant des années de régularisation.

Les étapes sociales d'une mission qui s'installe

Une ambassade ou un consulat étranger qui s'installe en France doit, avant de payer son premier salarié local, être identifié au répertoire Sirene, s'immatriculer comme employeur auprès de l'URSSAF compétente, décider de son adhésion à la retraite complémentaire, préparer ses modèles de contrats et fixer un calendrier de paie. Le personnel envoyé par la capitale suit un circuit distinct, celui du Protocole et du titre de séjour spécial.

L'ordre compte. Une mission qui recrute d'abord et régularise ensuite commence sa vie sociale en France par des déclarations tardives, parfois par des salariés payés plusieurs mois sans être déclarés. Une mission qui rouvre après une fermeture a une difficulté de plus : un ancien identifiant, un ancien compte employeur, parfois d'anciens salariés dont les droits n'ont jamais été soldés. La première tâche consiste alors à savoir ce qui existe encore.

Un employeur que les formulaires ne prévoient pas toujours

Les ambassades et consulats étrangers inscrits au répertoire Sirene portent la catégorie juridique 3210 et le code d'activité 99.00Z, dont la note explicative de l'INSEE mentionne expressément les ambassades et consulats étrangers en France. Aucune page officielle que nous ayons lue ne décrit en revanche la voie d'inscription propre à une mission diplomatique, et aucune source ne désigne une URSSAF dédiée aux États étrangers : le service des firmes étrangères vise les entreprises établies à l'étranger sans établissement en France et ne mentionne pas les États. Nous menons ces démarches avec l'organisme au moment de l'immatriculation, et nous vous rendons compte par écrit de ce qui a été convenu (voir le guide immatriculer une mission comme employeur). Un institut culturel ou une école constitués en association de droit français suivent, eux, le circuit ordinaire de leur forme juridique.

Le détail

Les décisions à prendre avant le premier bulletin

L'AGIRC-ARRCO, dès le premier salarié

C'est la décision la plus lourde, et la seule qui ne se rattrape pas. Une ambassade participe à la retraite complémentaire par adhésion, pour tout son personnel affilié au régime général, et aucun service antérieur à l'adhésion n'est validé. Chaque mois de retard est un mois sans points pour les salariés. Nous recommandons de décider avant le premier recrutement ; l'institution compétente se confirme au moment de la demande. Voir le guide adhérer à l'AGIRC-ARRCO.

L'assurance chômage et la couverture santé

L'assurance chômage n'est pas un choix : l'affiliation est obligatoire depuis le 1er avril 2020 pour les salariés soumis au régime français, et les contributions se versent à l'URSSAF. La complémentaire santé et la prévoyance relèvent en revanche d'obligations dont l'application à un État étranger n'est tranchée par aucun texte que nous connaissions. Nous conseillons une couverture réelle dès l'ouverture : elle se met en place plus facilement avant qu'un salarié ne tombe malade.

Les modèles de contrats

Aucune convention collective de branche ne vise les ambassades : les contrats reposent sur le code du travail et sur ce que la mission décide d'appliquer. Nous préparons un modèle par famille de postes (administratif, consulaire, chauffeur, personnel de résidence), en français avec traduction anglaise : fonctions, durée du travail (35 heures par semaine), rémunération, période d'essai, loi applicable. La mission peut appliquer volontairement une convention collective ; ce choix l'engage, et nous en expliquons la portée avant.

Le calendrier de paie

Clôture des variables, validation par l'administrateur, date de versement des salaires, paiement des cotisations : le calendrier se cale sur les contraintes budgétaires de la mission et sur les délais de virement de sa banque, parfois de sa capitale. Nous le fixons par écrit avant le premier mois, avec le nom des personnes qui valident et signent. Il évite la paie versée en retard le premier mois, qui marque durablement les relations avec le personnel.

Déroulement

Le déroulé que nous proposons

01

Recensement du personnel prévu

Nous distinguons avec vous le personnel envoyé (diplomates, personnel administratif, technique et de service affecté par la capitale) et les postes à pourvoir sur place. Pour les premiers, le titre de séjour spécial se demande au Protocole par l'intermédiaire de la mission ; pour les seconds, la paie française commence.

02

Identification et immatriculation

Nous vérifions dans le répertoire Sirene si un identifiant existe déjà, notamment en cas de réouverture, puis nous menons l'immatriculation employeur avec l'organisme et ouvrons les accès déclaratifs au nom des personnes désignées par la mission. Voir immatriculation et affiliations.

03

Adhésions et impôt

Nous déposons la demande d'adhésion à la retraite complémentaire si la mission l'a décidée, mettons en place la couverture santé choisie et confirmons auprès du service des impôts compétent le mode de prélèvement de l'impôt sur le revenu des salariés.

04

Premiers recrutements, première paie

Contrats signés, déclarations préalables à l'embauche déposées avant la prise de poste, dossiers salariés ouverts : le premier bulletin et la première DSN partent selon le calendrier fixé. Le détail de cette étape figure sur la page première embauche.

Personnel envoyé, conjoints, réouverture : les cas à part

Le personnel envoyé ne passe pas par la paie française

Les agents affectés par la capitale qui ne sont ni français ni résidents permanents sont exemptés de la sécurité sociale française pour leurs services (articles 33 et 37 de la convention de Vienne de 1961, article 48 de celle de 1963 pour les postes consulaires). Ils reçoivent un titre de séjour spécial délivré par le Protocole du ministère de l'Europe et des affaires étrangères, sur demande de la mission, et leur rémunération reste gérée par leur administration. L'erreur fréquente, à l'ouverture, consiste à les inscrire dans la paie française par facilité, ou à l'inverse à laisser hors du régime français un agent recruté sur place qui a la nationalité française.

Les conjoints qui souhaitent travailler

Le titre de séjour spécial ne vaut pas autorisation de travail. Un conjoint d'agent ne peut exercer une activité salariée en France que si un accord bilatéral le permet ; la France en a signé 57, selon la réponse ministérielle publiée au Sénat le 11 septembre 2025. Si la mission recrute elle-même un conjoint sous un tel accord, il devient un salarié local, soumis à l'impôt et à la sécurité sociale français pour cette activité. Voir le titre de séjour spécial.

Une mission qui rouvre

Une mission fermée puis rouverte laisse des traces : un ancien SIREN, un compte URSSAF clôturé ou dormant, une adhésion à la retraite complémentaire dont personne ne sait si elle a été résiliée, parfois d'anciens salariés qui réclament un certificat de travail ou une attestation pour leur retraite. Nous faisons l'inventaire avant de rouvrir quoi que ce soit, pour ne pas créer un second compte à côté d'un premier resté débiteur. Si d'anciens salariés n'ont pas été déclarés, la question se traite à part, avec méthode (régularisation des cotisations).

Un consulat en outre-mer

Un consulat qui s'installe en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane ou à La Réunion demande parfois s'il peut bénéficier des exonérations LODEOM. Aucun texte connu ne tranche l'éligibilité d'un État étranger employeur : nous ne l'appliquons pas sans rescrit ou confirmation écrite de l'URSSAF.

Questions fréquentes

Questions sur l'installation d'une mission

Faut-il un SIRET pour payer le personnel local ?

En pratique, oui : les déclarations sociales, à commencer par la DSN, s'effectuent sous l'identifiant de l'établissement employeur. Les ambassades et consulats étrangers déjà installés figurent au répertoire Sirene, avec la catégorie juridique 3210 et le code 99.00Z. La voie d'inscription propre à une mission n'est décrite sur aucune page officielle que nous ayons lue ; nous l'organisons avec l'organisme au moment de l'immatriculation employeur et nous vous indiquons les pièces demandées.

Peut-on reporter l'adhésion à l'AGIRC-ARRCO ?

C'est possible, puisque l'adhésion est volontaire pour une ambassade ou un consulat, mais c'est coûteux pour les salariés : aucun service antérieur à la date d'effet n'est validé. Un chauffeur recruté à l'ouverture et une adhésion décidée trois ans plus tard, ce sont trois années de retraite complémentaire définitivement perdues pour lui. Si la mission hésite, nous chiffrons les deux hypothèses avec les taux en vigueur (7,87 % sur la tranche 1, plus la contribution d'équilibre général) pour qu'elle décide en connaissance de cause.

Le personnel envoyé a-t-il besoin d'un contrat de droit français ?

En principe non. Un agent affecté par la capitale reste régi par le statut de son administration, et son exemption de la sécurité sociale française découle des conventions de Vienne tant qu'il n'est ni français ni résident permanent. Le contrat de droit français concerne le personnel recruté sur place. Les cas intermédiaires existent, par exemple un agent qui s'installe durablement et se fait recruter localement à la fin de son affectation : sa situation se réexamine à ce moment-là.

Qui signe les documents sociaux au nom de la mission ?

Le chef de mission, ou la personne à qui il a délégué ce pouvoir par écrit. Dès l'ouverture, nous conseillons de désigner nommément qui signe les contrats, qui valide la paie chaque mois et qui détient les accès aux organismes, et de prévoir un suppléant. Ces désignations se mettent à jour à chaque rotation. Une mission qui ne sait pas qui signe se retrouve bloquée le jour où l'administrateur est en congé au moment d'une embauche.

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