La loi applicable au contrat
Règlement Rome I, lieu habituel de travail, choix d'une loi étrangère et ses limites.
Voir la pageDroit applicable
Le salaire minimum, la durée du travail, les repos et les congés payés du code du travail forment le socle que nous appliquons à tout salarié recruté localement par une mission en France. Un règlement du personnel ou un contrat soumis à une loi étrangère ne permet pas de descendre en dessous.
Pour ses règles de protection individuelle, oui : un salarié qui travaille habituellement en France pour une ambassade ou un consulat étranger bénéficie du salaire minimum, des limites de durée du travail, des repos et des congés payés du droit français, parce qu'un choix de loi étrangère ne peut pas le priver des dispositions impératives de la loi du lieu où il travaille. C'est la règle de l'article 8 du règlement Rome I, que détaille notre fiche sur la loi applicable au contrat.
La Cour de cassation l'a illustré le 13 janvier 2021 (n° 19-17.157), à propos d'une organisation internationale : un statut ou un règlement du personnel n'est pas une « loi » au sens de la convention de Rome, et la loi française s'appliquait au titre du lieu habituel de travail. Aucune décision que nous connaissions ne porte spécifiquement sur le SMIC ou les heures supplémentaires dans une ambassade ; nous appliquons ce socle parce que c'est la lecture la plus sûre des textes, pour la mission comme pour le salarié.
Le Conseil d'État a jugé le 9 décembre 2022 que les règles des relations collectives de travail ne s'imposent pas à un État étranger, sauf s'il a clairement choisi de les appliquer. Cette décision concerne la représentation du personnel, que nous traitons dans une fiche dédiée. Elle ne dit rien du salaire minimum ni des congés, qui relèvent de la relation individuelle entre la mission et chaque salarié.
Pour le personnel privé des diplomates, le Protocole exige depuis 1997 un engagement écrit de respecter « la législation française en matière de temps de travail, de salaire et de jours de congés et de protection sociale ». Ces salariés relèvent du cadre de l'emploi à domicile, décrit dans la fiche sur les domestiques privés des diplomates.
Le détail
Le SMIC horaire brut est de 12,31 € depuis le 1er juin 2026, soit 1 867,02 € par mois pour 35 heures par semaine. Il a été revalorisé automatiquement à cette date, l'inflation ayant dépassé le seuil de déclenchement. Du 1er janvier au 31 mai 2026, il était de 12,02 € de l'heure. À Mayotte, le SMIC horaire est de 9,56 €. Toute grille de salaires locale doit être contrôlée à chaque revalorisation, y compris en cours d'année.
La durée légale est de 35 heures par semaine. Au-delà, chaque heure est une heure supplémentaire. La durée quotidienne maximale est de 10 heures et la durée hebdomadaire maximale de 48 heures sur une semaine, 44 heures en moyenne sur 12 semaines. Ces plafonds valent pour le chauffeur de l'ambassadeur comme pour l'agent d'accueil du consulat, quelle que soit la pratique de la capitale.
À défaut d'accord, les heures supplémentaires sont majorées de 25 % de la 36e à la 43e heure, 50 % au-delà. Le contingent annuel est de 220 heures à défaut d'accord. Une mission n'étant généralement couverte par aucun accord collectif, ces règles supplétives s'appliquent. Un forfait mensuel « toutes heures comprises » sans décompte ne met pas la mission à l'abri d'une demande de rappel de salaire.
Le salarié bénéficie d'un repos quotidien de 11 heures consécutives et d'un repos hebdomadaire. Il acquiert 2,5 jours ouvrables par mois, soit 30 jours ouvrables par an. Les congés se posent selon un calendrier connu à l'avance ; la fermeture de la mission pendant l'été peut en absorber une partie si elle est annoncée clairement. Les jours de congé non pris ne se remplacent pas par une prime versée en cours de contrat.
Fiche documentaire à jour au 10 septembre 2026. Elle décrit l'état des textes et de la jurisprudence tels que nous les lisons ; elle ne remplace pas une consultation sur votre situation. Les valeurs chiffrées renvoient à la page barèmes et valeurs.
Une ambassade en France doit composer avec les jours fériés français et avec les fêtes nationales et religieuses de l'État d'envoi, et la bonne méthode consiste à arrêter chaque année, par écrit, la liste des jours chômés de la mission. Sans ce calendrier, les litiges sur les jours travaillés et récupérés s'accumulent.
Le 1er mai occupe une place à part : c'est le jour férié que le code du travail rend chômé pour tous les salariés, et le travail ce jour-là, lorsqu'il est possible, donne droit à une indemnité égale au salaire en plus du salaire lui-même. Pour les autres jours fériés français, le code ne prévoit pas de majoration légale lorsqu'ils sont travaillés : c'est le contrat, l'usage de la mission ou un engagement écrit qui en décide.
Beaucoup de missions ferment pour leur fête nationale ou pour des fêtes religieuses qui ne sont pas fériées en France, et ouvrent certains jours fériés français. C'est possible, à condition que l'échange soit écrit, annoncé en début d'année et appliqué de la même manière à tous. Nous préparons ce calendrier avec l'administrateur de la mission et nous le reportons dans la paie, pour que les absences et les jours travaillés soient traités sans discussion.
Le chauffeur de l'ambassadeur est le salarié dont les heures posent le plus de difficultés. Il prend son service le matin, conduit l'ambassadeur à ses rendez-vous, puis attend devant une résidence pendant un dîner officiel qui se termine à minuit. Le lendemain, il reprend à 8 heures. Deux règles sont alors en jeu : le repos quotidien de 11 heures consécutives, qui interdit une reprise trop rapide, et la durée quotidienne maximale de 10 heures.
La question du temps d'attente se tranche au regard de la définition du temps de travail effectif : le temps pendant lequel le salarié est à la disposition de l'employeur et se conforme à ses directives sans pouvoir vaquer librement à ses occupations. Un chauffeur qui doit rester près du véhicule, joignable et prêt à partir, est difficilement en pause. Aucun arrêt français que nous connaissions ne tranche le cas précis d'un chauffeur d'ambassade ; nous conseillons donc un décompte réel des heures, tenu au jour le jour.
La même logique vaut pour le maître d'hôtel ou la cuisinière de la résidence mobilisés pour une réception, et pour le personnel d'accueil d'un institut culturel lors d'un vernissage. Nous organisons avec la mission un relevé mensuel des heures, validé par le salarié et son responsable, qui alimente directement les heures supplémentaires sur le bulletin. Notre page sur la paie des résidences et du personnel de service reprend ces situations.
Questions fréquentes
Non, pas pour un salarié qui travaille habituellement en France. Le SMIC horaire brut est de 12,31 € depuis le 1er juin 2026. Un contrat soumis à la loi de l'État d'envoi ou un barème fixé par la capitale ne permet pas de descendre en dessous, car le choix d'une loi étrangère ne prive pas le salarié des dispositions impératives de la loi française. Nous comparons chaque salaire au minimum à chaque revalorisation, en tenant compte des éléments de rémunération qui entrent réellement dans cette comparaison.
Oui. Les heures accomplies au-delà de 35 heures par semaine à la demande de l'employeur, ou avec son accord implicite, sont des heures supplémentaires, majorées de 25 % de la 36e à la 43e heure, 50 % au-delà à défaut d'accord. L'absence de ligne budgétaire dans la mission ne supprime pas le droit du salarié. La bonne réponse est de prévoir ces heures dans le budget du poste et de les décompter chaque mois. Notre page sur le budget d'un poste local montre comment les intégrer.
Elle peut fermer pour ses fêtes nationales ou religieuses et ouvrir certains jours fériés français, à condition de l'annoncer par écrit, en début d'année, et de l'appliquer à tous. Le 1er mai reste à part : il est chômé, et s'il est travaillé, le salarié perçoit une indemnité égale à son salaire en plus de celui-ci. Pour les autres fériés travaillés, le contrat ou l'usage fixe la contrepartie. Nous intégrons ce calendrier dans la paie dès janvier.
Dans les départements d'outre-mer, le SMIC est en principe le même qu'en métropole, à l'exception de Mayotte, où le SMIC horaire brut est de 9,56 € depuis le 1er juin 2026. Un consulat qui emploie du personnel à Mayotte applique donc ce montant. Les autres règles du socle, durée du travail et congés, restent celles du code du travail. Notre page sur les consulats d'outre-mer traite des particularités de ces postes.
Pour aller plus loin
Règlement Rome I, lieu habituel de travail, choix d'une loi étrangère et ses limites.
Voir la pageDurée du travail, congés, discipline, ruptures, représentation du personnel.
Voir la pageChauffeurs, cuisiniers, maîtres d'hôtel et agents d'entretien de la mission.
Voir la pagePremier contact
Nous contrôlons les salaires au regard du SMIC, mettons en place le décompte des heures et le calendrier des jours fériés. Réponse sous 24 h ouvrées.